Tutoriels
Convention de stage : le guide complet pour l'entreprise d'accueil [2026]
Tripartite, mentions obligatoires, gratification, quota de stagiaires : tout ce qu'une PME doit maîtriser avant d'accueillir son premier — ou son dixième — stagiaire.
Jérémy, responsable administratif dans une PME de 12 personnes, reçoit en mars un email de la directrice : « On prend une stagiaire à partir du 5 avril, tu peux gérer la convention ? »
Jérémy ouvre Word, retrouve un vieux modèle datant de 2021, remplace quelques champs à la main. Le lendemain, la fac rappelle : il manque le nom de l'enseignant référent, la durée hebdomadaire n'est pas renseignée, et la clause sur la protection sociale est absente. Trois allers-retours de mails plus tard, la stagiaire arrive avec une convention pas encore signée par l'établissement.
Ce scénario se rejoue chaque printemps dans des milliers de PME. Ce guide est là pour que ça ne vous arrive plus.
Pourquoi la convention de stage est tripartite
La convention de stage n'est pas un contrat bilatéral entre l'entreprise et l'étudiant. Elle engage trois parties, et c'est précisément ce qui la distingue de n'importe quel autre document RH.
Le stagiaire s'engage à réaliser les missions définies, à respecter les règles de l'organisme d'accueil et à produire les livrables pédagogiques attendus par son établissement (rapport, soutenance...).
L'établissement d'enseignement — université, lycée, école de commerce, BTS — confirme que le stage s'inscrit bien dans un cursus pédagogique, désigne un enseignant référent chargé du suivi, et prend en charge la couverture en responsabilité civile du stagiaire.
L'entreprise d'accueil s'engage sur les missions confiées, la durée, le tuteur désigné, les conditions matérielles (horaires, accès à la restauration collective, remboursement de transport) et, le cas échéant, le montant de la gratification.
Sans l'un de ces trois signataires, il n'existe pas de stage au sens du Code de l'éducation (articles L124-1 et suivants). Ce point n'est pas un détail administratif : il conditionne l'ensemble du régime juridique et social du stagiaire.
Pourquoi l'établissement est indispensable
C'est l'établissement qui fournit la couverture en responsabilité civile du stagiaire. Sans lui dans la boucle, cette couverture n'existe pas — et l'entreprise d'accueil s'expose à des risques juridiques importants en cas d'accident.
La gratification : qui paie, combien, à partir de quand
C'est la question que pose systématiquement la comptabilité dès que le mot « stagiaire » est prononcé. Les règles sont précises.
Le seuil d'obligation
La gratification devient obligatoire dès que la durée du stage dépasse 2 mois dans le même organisme d'accueil. Ces 2 mois (soit 308 heures de présence effective) peuvent être consécutifs ou non sur la même année d'enseignement : les périodes de stage fractionnées réalisées dans la même entreprise se cumulent pour atteindre le seuil.
En dessous de ce seuil, verser une gratification reste possible mais n'est pas imposé par la loi.
Le montant minimum légal en 2026
Le minimum légal est indexé sur le plafond horaire de la Sécurité sociale, fixé à 30 € en 2026. La gratification minimale représente 15 % de ce plafond, soit :
4,50 € brut par heure de stage effectuée.
Un stagiaire présent 35 heures par semaine perçoit donc au minimum 157,50 € par semaine, soit environ 630 € par mois pour un mois complet. Ce n'est pas un salaire — c'est une gratification, versée mensuellement à compter du premier jour du premier mois de stage.
15 % du plafond horaire SS (30 €) — source URSSAF
Gratification et cotisations sociales
La gratification est exonérée de cotisations sociales jusqu'au montant légal minimum. Si vous décidez de verser plus (ce qui est tout à fait possible), la partie excédentaire est soumise aux cotisations de Sécurité sociale, à la CSG et à la CRDS. Seule la cotisation accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) s'applique en toutes circonstances, même sous le seuil.
Bonne pratique sur le montant
Même quand la gratification n'est pas obligatoire (stage court), inscrivez explicitement son montant — ou son absence — dans la convention. Cela évite tout litige ultérieur sur ce point.
Les mentions qui doivent figurer dans la convention
La loi fixe une liste de mentions obligatoires. L'entreprise d'accueil en est responsable, même si c'est souvent l'établissement qui fournit le modèle de base. Voici ce que votre convention doit impérativement contenir.
Parties et interlocuteurs
- Identité complète du stagiaire (nom, prénom, date et lieu de naissance)
- Nom et adresse de l'établissement d'enseignement, nom du responsable légal
- Nom et coordonnées de l'enseignant référent
- Nom et fonction du tuteur en entreprise
Description du stage
- Intitulé et objectifs pédagogiques (ce que le stage apporte à la formation)
- Description des missions confiées
- Dates de début et de fin, durée totale en semaines ou en heures
- Durée hebdomadaire de présence effective
- Lieu du stage (avec l'adresse précise, notamment si différent du siège social)
Conditions matérielles et financières
- Montant de la gratification et modalités de versement (ou mention explicite de l'absence de gratification)
- Avantages éventuels : tickets restaurant, accès à la cantine, remboursement de transport (prise en charge obligatoire de 50 % de l'abonnement de transport en commun, pour tout stagiaire sans condition de durée)
- Conditions d'accès aux activités sociales et culturelles de l'entreprise
Encadrement et validation
- Modalités de suivi entre tuteur et enseignant référent
- Conditions de validation du stage (rapport, soutenance, évaluation intermédiaire)
- Clause sur la confidentialité si nécessaire
L'oubli le plus fréquent
La prise en charge de 50 % de l'abonnement de transport en commun est due à tout stagiaire, comme pour les salariés, sans condition de durée du stage (article L124-13 du Code de l'éducation renvoyant à L3261-2 du Code du travail). Beaucoup d'entreprises l'oublient dans la convention et se retrouvent à régulariser en fin de stage.
5 situations qui posent problème
Cas 1 : "Je veux prendre un stagiaire sans établissement scolaire"
C'est la situation la plus risquée, et la plus fréquente quand une entreprise cherche quelqu'un pour « tester » un profil avant embauche.
Un stage au sens du Code de l'éducation est impossible sans un établissement d'enseignement signataire. La convention tripartite sans établissement n'a aucune valeur légale. La personne accueillie sans contrat de travail ni convention valide peut être requalifiée en salarié — avec régularisation des cotisations, des congés payés, voire des dommages et intérêts.
Risque de travail dissimulé
Accueillir quelqu'un sans convention tripartite valide et sans contrat de travail expose l'entreprise à une qualification de travail dissimulé (article L8221-5 du Code du travail). Les conséquences : rappel de salaires, cotisations majorées, amende, et dans certains cas poursuites pénales. Le tribunal peut être saisi directement pour requalification (article L1454-5 du Code du travail).
Pour accueillir un adulte hors formation initiale, les seules voies légales sont : la Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel (PMSMP) via France Travail, une convention de formation professionnelle, ou un contrat de travail classique (CDD, temps partiel, etc.).
Cas 2 : Stage de plus de 6 mois
La durée maximale d'un stage est fixée à 6 mois par année d'enseignement dans le même organisme d'accueil (article L124-6 du Code de l'éducation). Cette limite s'apprécie en jours de présence effective, à raison de 7 heures par jour, soit 132 jours maximum.
Au-delà, la convention n'est plus valide. Si le besoin est réel et dépasse cette durée, la voie appropriée est le contrat d'apprentissage ou un contrat de travail. Consulter notre guide sur l'automatisation des contrats de travail si vous basculez vers cette option.
Cas 3 : Prolongation d'un stage en cours
Prolonger un stage est possible, mais uniquement par avenant à la convention initiale, signé par les trois parties. La prolongation doit rester dans la limite des 6 mois. Si elle fait passer le stage au-dessus du seuil des 308 heures, la gratification devient obligatoire à partir du premier jour du dépassement — pas à partir de la signature de l'avenant.
Avenant : ne rien oublier
Un avenant de prolongation doit repréciser les nouvelles dates, la durée totale révisée, et le montant de gratification si celui-ci change. L'établissement doit contre-signer — beaucoup d'entreprises oublient de l'impliquer et se retrouvent avec un avenant non valide.
Cas 4 : Accueillir plusieurs stagiaires en même temps
C'est possible, mais encadré par un quota légal. Le nombre de stagiaires dont la convention est en cours durant une même semaine civile ne peut pas dépasser :
- 3 stagiaires si votre effectif est inférieur à 20 personnes
- 15 % de l'effectif (arrondi à l'entier supérieur) si votre effectif est de 20 personnes ou plus
(Source : articles R124-10 et R124-11 du Code de l'éducation, Décret n° 2015-1359 du 26 octobre 2015)
Une PME de 12 salariés peut donc accueillir 3 stagiaires simultanément. Une entreprise de 25 personnes peut en accueillir 4 (25 × 15 % = 3,75, arrondi à 4).
Quota et semaine civile
Le quota s'apprécie semaine par semaine. Un stagiaire qui termine le vendredi et un autre qui commence le lundi suivant ne se "chevauchent" pas. Planifiez les dates de début et de fin en tenant compte de ce calcul.
Cas 5 : Interruption ou absence prolongée
Si le stagiaire s'arrête pour maladie, accident, maternité ou paternité, le stage peut être suspendu puis repris — sous réserve d'accord entre les trois parties et de l'établissement d'enseignement. La période d'interruption ne compte pas dans le calcul de la durée effective.
Une prolongation pour compenser les jours manqués est possible par avenant, y compris au-delà de la date de fin initiale, à condition de ne pas dépasser la limite des 6 mois.
Accueillir plusieurs stagiaires sans tout retaper
La convention de stage a une particularité que n'ont pas la plupart des documents RH : elle arrive par vagues. À la rentrée de septembre, en fin d'année universitaire, ou pendant la saison des stages de fin d'études, une même entreprise d'accueil signe parfois trois, quatre ou cinq conventions en l'espace de quelques jours. Et d'une convention à l'autre, l'essentiel ne bouge pas : la raison sociale, le SIRET, le tuteur référent, les clauses de confidentialité et de protection sociale restent identiques. Seuls le stagiaire, son établissement et les dates changent réellement.
C'est exactement le type de tâche où le copier-coller manuel coûte cher : on duplique l'ancien fichier, on oublie de mettre à jour une date, on garde par erreur le nom du stagiaire précédent, et l'établissement renvoie la convention pour correction. Multiplié par la dizaine de conventions d'une saison, l'addition en temps perdu et en allers-retours devient lourde.
L'approche par modèle inverse la logique : on fige une bonne fois la trame validée (toutes les mentions obligatoires présentes, les informations entreprise déjà à leur place) et on ne renseigne, pour chaque stagiaire, que les trois ou quatre champs qui varient vraiment. Le volume d'une rentrée se traite alors en série, sans rouvrir l'ancienne convention « pour voir comment c'était fait ».
C'est le principe de l'automatisation documentaire décrit dans notre guide complet, particulièrement adapté au caractère répétitif et saisonnier des conventions de stage.
Si vous gérez aussi des conventions de formation ou des documents d'onboarding RH, vous pouvez centraliser tous ces modèles au même endroit.
Jérémy, lui, génère désormais chaque convention en quelques minutes — sans rouvrir l'ancienne pour vérifier le montant de la gratification ni relancer la fac pour une mention manquante.
| Critère | Copier-coller manuel | Avec DocXgen |
|---|---|---|
| Temps par convention | 20-30 minutes | 2-3 minutes |
| Mentions obligatoires | À vérifier à chaque fois | Toujours présentes (modèle validé) |
| Infos entreprise | À resaisir à chaque fois | Pré-remplies automatiquement |
| Risque d'oubli (tuteur, gratif...) | Élevé | Quasi nul |
| Gestion de 3-4 stagiaires simultanés | Chronophage, erreurs fréquentes | Formulaire, téléchargement, terminé |
Prêt pour la prochaine vague de stagiaires ?
Préparez votre trame de convention une fois, puis générez chaque convention de la saison en série — sans rouvrir l'ancienne. Gratuit jusqu'à 50 documents par mois, sans carte bancaire.
FAQ
La convention de stage est-elle obligatoire en France ?
Oui, sans exception. Tout stage réalisé dans le cadre d'une formation initiale doit être couvert par une convention tripartite signée par le stagiaire, l'établissement d'enseignement et l'entreprise d'accueil. Sans ce document, le stagiaire n'a aucun statut légal et l'entreprise s'expose à une requalification en contrat de travail.
Peut-on faire un stage sans établissement scolaire ?
Non. Un stage au sens du Code de l'éducation est impossible sans un établissement d'enseignement signataire de la convention. Pour accueillir un adulte hors formation initiale, les seules voies légales sont la Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel (PMSMP) via France Travail, une convention de formation professionnelle, ou un contrat de travail classique.
Quel est le montant de la gratification stagiaire en 2026 ?
La gratification minimale est de 4,50 € brut par heure de stage effectuée (15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, fixé à 30 € en 2026). Elle est obligatoire dès que le stage dépasse 2 mois (308 heures), consécutifs ou non, sur la même année d'enseignement. La gratification est versée mensuellement et exonérée de cotisations sociales jusqu'au minimum légal.
Combien de stagiaires peut-on accueillir simultanément ?
Le quota dépend de l'effectif : 3 stagiaires maximum si votre entreprise compte moins de 20 salariés ; 15 % de l'effectif (arrondi à l'entier supérieur) au-delà de 20 salariés. Ce quota s'apprécie semaine civile par semaine civile (articles R124-10 et R124-11 du Code de l'éducation).
Peut-on prolonger un stage au-delà de la date de fin initiale ?
Oui, par avenant signé par les trois parties, dans la limite de 6 mois de présence effective sur l'année d'enseignement. Si la prolongation fait dépasser le seuil des 308 heures, la gratification devient obligatoire à partir du premier jour de dépassement.
Quelle est la durée maximale d'un stage ?
La durée maximale est de 6 mois par année d'enseignement dans le même organisme d'accueil, soit 132 jours de présence effective à raison de 7 heures par jour (article L124-6 du Code de l'éducation). Au-delà, la convention n'est plus valide et la situation peut être requalifiée.
Articles liés
Automatiser les documents d'onboarding RH : livret, contrat, convention
Chaque nouvel embauché nécessite 5 à 12 documents avec les mêmes informations. Découvrez comment générer tout le pack d'intégration en quelques minutes au lieu de plusieurs heures.
Automatiser les conventions de formation : obligation légale, solution simple
Obligation légale + volume élevé + structure identique = automatisation évidente. Découvrez comment générer vos conventions de formation en 2 minutes au lieu de 15.
Comment automatiser les contrats de travail Word en 2026 [Guide complet]
Découvrez comment générer automatiquement vos contrats de travail Word en 2 minutes. Guide étape par étape pour les RH avec modèle gratuit.